Cette réforme, comme les précédentes, est encore celle du tri social ; et nous n’oublions pas ce qui la rend possible : le numérique. Même les chefs n’en veulent pas (mais continueront « d’exécuter » s’il le faut, comme d’hab).
A nous qui ne voulons pas (être) exécuter, voici nombre d’actions possibles : (s’)organiser en HIS ou RIS - réunions avec les parents d’élèves - motions en CA, conseil des maîtres et d’école - refus de constituer les groupes en conseils école-collège avec motion commune à lire dans cette instance - actions médiatiques type tri fictif des élèves devant les établissements - démissions des missions des PP - démission collective du CA - collèges morts - ne pas faire remonter les notes/classer les élèves pour la fin d’année - boycott ou sabotage des réunions de « formation »/formatage (dont on rappelle qu’il n’y a pas d’obligation hors de notre temps de service ) - participation aux journées de grève… sachant qu’il faudra élever le rapport de force pour préparer une grève reconductible (par exemple lors des examens). Et quand on gagne, on se fait payer les jours de grève !
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Élever le rapport de force pour préparer la grève reconductible jusqu’à satisfaction
Les réunions publiques, les alliances entre parents et enseignants se tissent parce que l’école publique et le principe d’égalité sont en train de se faire piétiner par la même engeance qui défilait dans les rues de Paris, il y a 40 ans. Le pedigree de tous les ministres de l’Éducation du mandat de Macron est un témoignage accablant : Collège Stanislas pour les uns, École alsacienne pour les autres.
Le rapport de force de cette classe s’appuie sur l’argent comme il y a 40 ans et c’est bel et bien cette variable qui a pesé dans la balance. Ce pouvoir économique, les enseignants du 93 et les familles qu’ils défendent ne l’ont pas. Pas plus que toutes les initiatives louables de conscientisation sur l’équarrissage de l’école publique. La mobilisation nécessite deux jambes : la quête de l’adhésion populaire et la lutte. Il y a moins longtemps, quand un ministre avait prévu de dépecer le mammouth, la mobilisation des personnels en masse, notamment dans le 93 et dans le Gard, avait réussi à vaincre. Cette victoire s’appuyait sur la masse et sur l’engagement.
Aujourd’hui, alors que nous tentons le pari de la masse, il faudrait réellement se poser la question de l’engagement. La question de la lutte et la menace sur les examens ou bien la rentrée sont de véritables armes dont il ne faut pas hésiter à se saisir. Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons amener nos adversaires à négocier et surtout à renoncer à leur plan de destruction de l’École publique.
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Le pacte du choc
Ce fameux choc entérine en fait un discours élitiste entendu depuis longtemps mais dissimulé sous un vernis de bons sentiments. Ainsi, ce dispositif viserait à aider les élèves en difficultés, disons plutôt qu’on ne veut plus qu’ils empêchent les futurs satellites des élites de la nation de progresser. Nous disons satellites parce que les élites ont déjà leurs établissement privés, pour elles seules. Mais, deux autres manœuvres passent plus inaperçues. La première, très connue, est celle du diviser pour mieux régner. Le Choc des savoirs ne concerne que les enseignants de français et de maths, en apparence, parce qu’en réalité tout le monde sera impacté, et donc les autres peuvent tranquillement rester devant Pronote.
La seconde est que les cours de français et de mathématiques devant être en barrette, c’est-à-dire sur le même créneau, les enseignants vont devoir harmoniser leurs progressions et faire les évaluations en même temps. Bien sûr aucun temps n’est accordé pour cela. Il y a donc là, une énorme pression sur les enseignants pour qu’ils s’alignent les uns sur les autres. Peut-être que le véritable objectif de cette réforme est moins le tri des élèves, ce que l’école faisait déjà officieusement, que l’uniformisation des pratiques enseignantes, la main-mise sur la liberté pédagogique. Car une fois que les enseignants, bons élèves, se sont harmonisés, quoi de plus simple que de leur délivrer des contenus de cours tout faits et adaptés, au prétexte de leur faciliter la tâche ? Quoi de plus simple pour les rendre interchangeables, avec l’aide du Pacte ? Quoi de plus simple que de les remplacer par un ordinateur ?
Il est tout de même curieux que, face à cette logique du bulldozer, nous ne soyons pas déjà tous en grève reconductible…
Contre le « Choc des Savoirs » : la grève