La bourgeoise Oudéa-Castéra c’est quoi ?
Épouse d’un ex-PDG mêlé à l’affaire des Panama Papers (énième scandale ayant révélé les pratiques fiscales de grandes fortunes et de banques françaises de la Société Générale) et actuel PDG de Sanofi, nièce d’éditorialistes installés, multimillionnaire, elle représente la bourgeoisie dans toute sa splendeur : sûre d’elle, persuadée d’être dans son bon droit, ses idéaux et sa façon de penser sont très différents des nôtres. Cuillère en argent dans la bouche, entre-soi bourgeois. On met les mouflets dans le privé pour qu’ils reniflent très tôt le derrière de leurs congénères. N’oublions jamais que l’enseignement privé coûte 12 milliards d’euros par an aux finances publiques et concentre les élèves des familles les plus aisées. Malins, les bourgeois font payer à l’ensemble des contribuables leurs établissements privés. Malins, les bourgeois applaudissent, bave aux lèvres, les ministres successifs de l’Éducation nationale et assistent, repus, à la destruction de l’École publique. On rajoutera que, outre les dérives hallucinantes du groupe scolaire Stanislas, bon nombre d’établissements sous contrat avec l’État ne respectent pas la laïcité dont Gabriel Attal se disait le grand défenseur en septembre contre les musulmans. Deux poids deux mesures, comme d’habitude. Enfin, notre championne est du genre à chougner quand on lui fait remarquer que ses émoluments à la Fédération Française de Tennis étaient un chouïa ventrus : 40 000€ par mois, une misère. Crachat.
Après Oudéa-Castéra y’a quoi ?
Passée la démission d’Oudéa-Castoa, il est évident que la lutte continuera. Elle sera âpre mais nécessairement joyeuse car il nous faut garder en tête que la bourgeoisie spécule sur notre désespoir, nos renoncements. Nous ne lâcherons pas. Nous lui reprendrons ce qu’elle nous vole, à commencer par le pouvoir sur nos vies, la façon dont nos corps sont traités au travail [1] par la bourgeoisie et ses représentants. Il nous faut défendre les intérêts de toutes et tous mais plus encore des précaires. Il nous faut obtenir que les AESH touchent la prime REP qui leur est due mais qui ne leur est pas versée depuis des mois, dénoncer les scandaleuses pratiques de notre hiérarchie, nous opposer aux millions prévus pour le SNU ou « uniformer » nos gosses quand nos salaires n’augmentent plus, quand nombre d’établissements n’ont même plus les moyens de mettre le chauffage, de renouveler le matériel pédagogique ou de rénover les bâtiments scolaires. Nous refusons d’obéir aux stupides injonctions qui nous parviennent chaque jour (dernier exemple en date, les groupes de niveaux dont l’inefficacité est démontrée), nous réclamons encore et toujours des comptes sur les Fonds Marianne (coucou Marlène, on t’oublie pas), et ferons tout pour favoriser l’émergence de divers collectifs sur nos lieux de travail et en dehors, bien énervés, rassembleurs, rieurs et déterminés.
La lutte des classes ne connaît pas le renoncement. Elle est bien vivante, dans nos esprits, dans la rue. Elle est multiforme et inventive. À nous toutes et tous de nous organiser joyeusement, avec acharnement. Il est temps.
Le fabuleux destin d’Amélie Bling-Bling